J’avais envie de hurler ma détresse et de courir chercher du linge dans ma chambre pour m’enfuir dans la pluie. J’aurais été chez Lui, j’imagine. Il aurait été fâché Lui. Mais il l’aurait pas montrer parce qu’il me le dit pas, mais il m’aime encore un peu. Pas comme une amoureuse, j’imagine, mais comme quelque chose. Comme quelqu’un qu’on aime et qu’on laissera jamais tomber. Avec Lui, je me sens un peu plus à ma place, moins souvent de trop. C’est pour ça que j’ai toujours envie de le voir. J’crois bien que c’est ça qu’on appel aimer. Mais j’suis pas sure. Peut-être que c’est juste dans ma tête aussi. Tout s’que j’sais, c’est que j’me sens bien avec Lui. Lui avec un l majuscule.
Mais j’ai rien fait de tout ça. Je suis restée assise, là, devant mon papa qui criait comme jamais, et j’ai pleuré ma vie en essayant de me faire écouter. En essayant de le couper pour lui dire que je le sais qu’il m’aime, que je le sais qu’il ferait tout pour moi, que c’est moi qui est pas bien, pas lui. Mais il voulait pas comprendre mon papa, que j’ai de la misère à m’exprimer. Il voulait déjà pas comprendre, ce soir là, que je voulais pas parler parce que j’allais déjà assez pas bien comme ça. Mais les parents ça veut toujours parler juste quand eux ils sont prêt. Ils veulent pas attendre que toi tu sois bien, alors ça créé des crises de la mort. Après, ben ça laisse une ambiance de mort. La chose la plus froide du monde. Un genre de gros malaise intense qui veut pas partir, jamais, parce que les vrai choses ont été dites. Et que, encore, c’est moi qui avais tort. Parce que j’ai toujours tort, parce que j’arrive jamais à exprimer comment j’me sens, parce que les gens comprennent pas les mots. Ils comprennent pas mes maux.
Alors, mon papa il a crié et crié sa vie pendant que moi, je pleurais et pleurais ma mort. Je pleure souvent. Vraiment souvent, parce que je me sens souvent très mal. En même temps, je pleure pas si souvent. En fait je croit plutôt que j’ai envie de pleurer souvent, parce que je me sens trop mal. Et des fois je pleure, beaucoup, vraiment beaucoup. Quand ça sort, ça sort fort, ça sort longtemps et ça sort intense. Tellement que maintenant j’hyper ventile quand je pleure. Hyper ventiler c’est pas avoir d’air qui rentre dans tes poumons, ou trop. Je sais plus trop. Tout s’que je sais c’est que ça fait respirer vraiment vite et avoir l’impression d’être en train de mourir parce que l’air rentre pas jusqu’aux poumons. Des fois je crois que je vais mourir noyée dans mes larmes, comme Alice qui se noie un peu mais pas au complet dans les siennes, dans le film de Walt Disney, ou que je vais mourir hyper ventilée parce que j’arrive plus à respirer comme il faut. Ça serait horrible. Dans l’fond je pleure presque jamais, mais j’ai toujours envie de pleurer. Souvent, quand je vais vraiment pas bien, je ris. Alors les gens croient que je suis contente, que je suis heureuse. Mais dans l’fond je ris parce que je sais plus où j’en suis, parce que je sais plus comment réagir. Mais les gens ça les rend heureux quand je ris. Ils comprennent pas que je suis pas heureuse, que c’est pas normal que je ris comme ça. Que j’ai jamais ris comme ça avant.
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