27 novembre 2010

D’ailleurs mon papa il me l’a fait remarquer ça, quand il a crié sa vie. Il me l’a dit. «Je t’ai jamais entendu autant rire que depuis que t’es revenu! Viens pas me faire croire que t’es pas heureuse!» Qu’il a dit. Ben oui, j’suis pas heureuse papa. Je le suis pas heureuse, parce que j’ai des problèmes dans ma tête. Mais ça tu le sais que j’ai des problèmes dans ma tête. Depuis longtemps en plus. T’as juste jamais été capable de me le dire, ni de m’aider. Parce que t’es un papa québécois. T’sais, j’lui en veut pas à mon papa. Il fait de son mieux avec ce qu’il a. Et il a pas beaucoup pour m’aider avec mes problèmes dans ma tête, parce que lui aussi il a des problèmes dans sa tête qu’il est pas capable de régler. Quand on est pas capable de régler ses propres problèmes, c’est difficile d’aider les autres. Des fois on connait plus de choses pour les aider, on sait plus comment ils se sentent parce qu’on s’est déjà senti comme ça avant. Mais quand même, on a pas encore été capable de mettre le doigt sur notre bobo, alors c’est difficile d’aider les autres à mettre leur doigt sur le leur.
C’est une drôle d’expression ça, mettre le doigt sur le bobo. Me semble que ça aide pas vraiment, mettre un doigt sur un bobo. Ça fait plus mal et, des fois, ça s’infecte. Alors je comprends pas pourquoi ça veut aussi dire «trouver le problème», si pourquoi c’est supposer aider. C’est sur que si on trouve le problème, on peut mieux le régler. Mais si on met son doigt dessus, ben on le voit plus le problème, notre doigt le cache, a moins qu’il soit vraiment vraiment gros. C’est surement ça. Y faut mettre le doigt sur le bobo du problème quand il est vraiment vraiment gros, comme ça on le cache un peu et il parait moins gros. Faudra que je pense à demander à ma maman si j’ai raison la prochaine fois que je vais la voir.
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C’est bizarre la vie. J’trouve.  Les gens qui veulent mourir, ben ils peuvent pas et ceux qui veulent pas, y meurent. Je comprend pas trop. Moi, y’a quelques années, je me suis fait rouler dessus par une auto, un jour où j’avais vraiment envie de mourir, et j’suis pas morte. Et mon amie, elle, tout allait bien dans sa vie, tout était en train de se placer, elle arrivait enfin à quelque chose après tellement d’efforts et elle s’est fait tuer. Elle a été assassinée hier par son copain. À coup de marteau, pendant que leur coloc dormait. Je sais pas encore tout, mais je sais que c’est vraiment dégueulasse ce qu’il a fait et qu’elle méritait pas ça. C’était le genre de fille qui aide toujours tout le monde, toujours souriante et amicale. T’sais le genre de fille que tout le monde voudrait être? Jolie, amusante, intelligente, intéressante, sympathique. Mais que tout le monde aimerait pas avoir sa vie, parce que c’était pas facile sa vie. Mais elle, elle se battait pour qu’elle devienne facile sa vie. Elle faisait tout pour être capable de trouver ça facile, un jour, vivre comme tout le monde, avec des sous, du bonheur tout plein, une petite famille à elle, pleins d’amis et un copain qui l’aimerait. Elle était bien partie pour les pleins d’amis, ça elle en avait pleins, des amis. Et pour les sous, ben elle étudiait fort fort fort, pour avoir un bon travail, et, en attendant, elle travaillait avec moi, le plus possible, quasiment tous les jours après l’école. Elle était super fatiguée, mais elle continuait, parce qu’elle se disait qu’un jour, tout ça, ça allait lui revenir. Qu’elle allait y arriver. En plus de tout faire ça, elle le faisait avec le sourire. Un beau grand sourire, un des plus jolis du monde, parce qu’il était toujours sincère.
C’était le genre de fille qui, dans les films, finissent toujours par s’en sortir parce qu’elles sont trop belles, trop intelligente et trop travaillantes pour perdre. Mais ça à l’air que c’est pas comme ça dans la vie. Ça me tue. Vraiment.  
 J’avais envie de hurler ma détresse et de courir chercher du linge dans ma chambre pour m’enfuir dans la pluie. J’aurais été chez Lui, j’imagine. Il aurait été fâché Lui. Mais il l’aurait pas montrer parce qu’il me le dit pas, mais il m’aime encore un peu. Pas comme une amoureuse, j’imagine, mais comme quelque chose. Comme quelqu’un qu’on aime et qu’on laissera jamais tomber. Avec Lui, je me sens un peu plus à ma place, moins souvent de trop. C’est pour ça que j’ai toujours envie de le voir. J’crois bien que c’est ça qu’on appel aimer. Mais j’suis pas sure. Peut-être que c’est juste dans ma tête aussi. Tout s’que j’sais, c’est que j’me sens bien avec Lui. Lui avec un l majuscule.
Mais j’ai rien fait de tout ça. Je suis restée assise, là, devant mon papa qui criait comme jamais, et j’ai pleuré ma vie en essayant de me faire écouter. En essayant de le couper pour lui dire que je le sais qu’il m’aime, que je le sais qu’il ferait tout pour moi, que c’est moi qui est pas bien, pas lui. Mais il voulait pas comprendre mon papa, que j’ai de la misère à m’exprimer. Il voulait déjà pas comprendre, ce soir là, que je voulais pas parler parce que j’allais déjà assez pas bien comme ça. Mais les parents ça veut toujours parler juste quand eux ils sont prêt. Ils veulent pas attendre que toi tu sois bien, alors ça créé des crises de la mort. Après, ben ça laisse une ambiance de mort. La chose la plus froide du monde. Un genre de gros malaise intense qui veut pas partir, jamais, parce que les vrai choses ont été dites. Et que, encore, c’est moi qui avais tort. Parce que j’ai toujours tort, parce que j’arrive jamais à exprimer comment j’me sens, parce que les gens comprennent pas les mots. Ils comprennent pas mes maux.
Alors, mon papa il a crié et crié sa vie pendant que moi,  je pleurais et pleurais ma mort. Je pleure souvent. Vraiment souvent, parce que je me sens souvent très mal. En même temps, je pleure pas si souvent. En fait je croit plutôt que j’ai envie de pleurer souvent, parce que je me sens trop mal. Et des fois je pleure, beaucoup, vraiment beaucoup. Quand ça sort, ça sort fort, ça sort longtemps et ça sort intense. Tellement  que maintenant j’hyper ventile quand je pleure. Hyper ventiler c’est pas avoir d’air qui rentre dans tes poumons, ou trop. Je sais plus trop. Tout s’que je sais c’est que ça fait respirer vraiment vite et avoir l’impression d’être en train de mourir parce que l’air rentre pas jusqu’aux poumons. Des fois je crois que je vais mourir noyée dans mes larmes, comme Alice qui se noie un peu mais pas au complet dans les siennes, dans le film de Walt Disney, ou que je vais mourir hyper ventilée parce que j’arrive plus à respirer comme il faut. Ça serait horrible. Dans l’fond je pleure presque jamais, mais j’ai toujours envie de pleurer. Souvent, quand je vais vraiment pas bien, je ris. Alors les gens croient que je suis contente, que je suis heureuse. Mais dans l’fond je ris parce que je sais plus où j’en suis, parce que je sais plus comment réagir.  Mais les gens ça les rend heureux quand je ris. Ils comprennent pas que je suis pas heureuse, que c’est pas normal que je ris comme ça. Que j’ai jamais ris comme ça avant. 
Après les vacances, c’était un peu moins drôle. En premier parce que j’ai  recommencé à être malade un peu la fin de semaine avant que mon papa il recommence à travailler. J’étais malade parce que la garderie et tous les amis allaient arriver en même temps que mon papa allait partir. J’avais tellement l’impression d’être pas à la bonne place. Que mon papa il s’était trompé et qu’il fallait pas que je sois là. Parce que moi, j’ai toujours l’impression d’être au mauvais endroit, au mauvais moment. C’est comme ça. J’me sens souvent coupable d’exister parce que des fois j’dois tellement être un gros fardeau. Pas juste des fois en fait. Souvent. Mais ça j’en parle pas, parce que j’ai trop peur de déranger avec mes histoires de gamine. Ça va passer, j’imagine. C’est sur. Peut-être.
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Ça a jamais passé. Jamais ça passera non plus. J’suis comme ça, j’imagine. Jamais à ma place nulle part. Toujours là, à me sentir de trop, à avoir l’impression d’être un fardeau pour tout le monde. Mon papa il dit que non. Que je suis pas un fardeau. Il s’est même fâché très fort quand je lui en ai parlé. Il a crié comme j’avais jamais entendu quelqu’un crier avant. J’ai eu peur. Vraiment peur. Mais t’sais, il a peur mon père. C’est pas pour mal faire qu’il cri. C’est parce que c’est un papa québécois et les papas québécois, ben ils crient. C’est parce qu’ils sont pas capable de dire qu’ils ont peur ou qu’ils ont de la peine. Ils sont juste capable de dire qu’ils sont fâchés. C’est comme ça, parait. Et pendant qu’il criait, moi j’avais juste envie de me boucher les oreilles et de crier moi aussi, comme une folle, hurler ma rage et ma peine et mon sentiment de pas être à ma place, de trop, tout le temps de trop.
Ensuite, on est allé souper. Un vrai souper avec une vraie famille! Mon premier vrai souper de famille avec un papa, une maman et une sœur. C’était magique dans ma tête de petite fille. J’étais habituée de manger seule pendant que ma maman faisait le ménage ou qu’elle travaillait sur son ordinateur. Elle mangeait pas souvent ma maman. Elle disait que c’était parce qu’elle était trop occupée. Mais moi je crois bien que ça prend pas tellement de temps manger. Mais bon, c’est ce qu’elle disait et les mamans, ben faut toujours les croire, sinon on sait plus trop. Donc, c’est ça, c’était mon premier vrai souper en vrai famille, parce que même la fin de semaine, quand je voyais mon père, souvent on mangeait seuls lui et moi. On allait beaucoup au restaurant parce qu’il aimait ça faire des choses spéciales pendant que j’étais là.
Après le souper, on a passé la soirée à regarder la télévision tous ensemble et on est allé se coucher, Rebeca et moi. J’étais tellement énervée de dormir dans la même chambre que ma nouvelle sœur que j’arrivais pas à dormir. J’arrêtais pas de lui parler, parce que j’avais trop de questions à lui poser. Je voulais tout connaitre d’elle, tout de suite, Elle s’est endormie pendant que je lui parlais. J’étais un peu triste mais bon, je me suis dit que je devais pas être assez intéressante… Ou qu’elle était fatiguée de sa fin de semaine avec son papa. J’avais hâte de lui demander ce qu’elle faisait quand elle allait chez lui. Si c’était comme moi quand je venais ici, avant.
Le reste de la semaine s’este bien passée. J’ai eu le temps de lui poser toutes mes questions et elle y a répondu, un peu tannée que j’arrête pas. Mais tsé, moi, quand quelque chose m’intéresse, ça m’intéresse vraiment. J’pense que c’est aussi pour ça que j’avais pas beaucoup d’amis à la garderie. Parce quoi moi, j’aime ça  les photos et que je parlais souvent de mes photos. Eux ils aiment pas ça qu’elle m’a dit ma gardienne. Elle voulait plus que je parle de photos. C’est pour ça aussi un peu que je l’aimais pas. Elle voulait pas que je joue avec mes photos et elle voulait pas que j’en parle. Alors je me retrouvais vraiment, vraiment seule avec des amis qui m’aimait pas et que j’aimais pas. Un peu à cause de l’histoire que j’ai pas de façon aussi, j’imagine. Bon, comme je disais, mon père était là alors je passais mon temps avec lui. C’était juste comme des vacances, une longue, longue fin de semaine. Je passais du temps de qualité avec ma nouvelle famille parfaite. On faisait pleins de sorties, on allait au zoo, à la plage, au cinéma, dans le nord, on allait se promener et on se faisait gâter. Mon papa est ce genre d’homme qui aime beaucoup gâter ses enfants, parce qu’il dit que la vie est trop courte pour se priver des bonnes choses. Moi, je trouve qu’il a raison. Et j’aime ça quand il me gâte, je me sens importante. 
Au début, c’était pas si pire, parce que mon père à décider de faire le transfert de maison pendant ses vacances, alors il était toujours là, avec moi. Il m’a expliqué pourquoi Rebeca dormait dans ma chambre,  qu’il y avait pas beaucoup de place dans la maison pour avoir plus de chambre, mais qu’un jour il en achèterait une plus grande maison, dès qu’il aurait des sous, et que j’aurais ma chambre juste pour moi. Une très, très grande chambre rose où je pourrais mettre des photos partout, partout sur les murs. Il m’a aussi dit qu’il fallait que je partage mes choses maintenant et que j’essaie d’être gentille avec les autres, même si c’est pas facile, parce que j’habitais dans une garderie en milieux familial, maintenant et qu’il y aurait pleins d’amis tous les jours chez nous. Si j’allais pas bien, j’allais pouvoir aller dans ma chambre, mais il fallait que je fasse des efforts, parce que à la fin de l’été, quand j’irais à l’école, je serais obligée de rester avec les amis même si j’aimais pas ça.
 Moi je comprenais tout ça et j’étais heureuse parce que je ne serais plus toujours seule dans mon coin. J’avais une nouvelle amie pour jouer les soirs, pendant la semaine. Rebeca a un an de plus que moi mais, comme elle est née en Décembre, on était au même niveau scolaire. J’étais soulagée de ne pas avoir à faire ma rentrée scolaire toute seule. J’allais avoir quelqu’un que je connaissais pour me protéger contre les enfants méchants et pour jouer avec moi. Mon père était content que je sois si mature pour mon âge, il arrêtait pas de le répéter. Moi j’étais juste contente de savoir que j’aurais plus à revoir ma méchante gardienne que j’aimais pas et à jouer toute seule dans mon coin pendant que maman travaillait, à la maison. Il disait aussi qu’on allait bien s’entendre, Rebeca et moi, vu qu’on avait à peu près le même âge.
La fin de semaine à passé vite, comme toutes les autres avant. C’était pas tellement différent à part qu’il y avait un autre lit dans ma chambre et des nouveaux jouets auxquels je pouvais pas toucher avant que Rebeca arrive, parce que c’était les siens. J’étais quand même beaucoup nerveuse parce que je savais que le dimanche après-midi je ne repartirais pas chez ma mère. Ça me stressait pas mal. J’avais pas l’habitude et moi, les choses dont j’ai pas l’habitude, ben ça me stresse vraiment beaucoup trop. Comme j’avais pas encore rencontrée ma colocataire de chambre, j’avais un stress de plus. J’avais tellement peur qu’elle ne m’aime pas, qu’elle me trouve laide, pas fine, pas aimable, qu’elle ne veuille pas jouer avec moi ou que je sois pas capable d’être gentille avec elle-même si j’essayais fort, fort, fort. J’avais peur qu’elle demande à mon père de me renvoyer chez moi et qu’il le fasse. Même si c’était chez lui, chez moi maintenant. Je m’en fais toujours avec ce genre de chose. En fait je m’en fais toujours trop avec tout, c’est dans ma nature, j’suis comme ça. J’ai tellement peur de déplaire aux gens.
Le dimanche après-midi est arrivé avec Rebeca et j’étais pas vraiment bien. J’avais été malade toute la journée, nervosité oblige. Mais quand même, malade ou pas, quand elle est arrivée je l’ai trouvée tellement trop parfaite. Elle ressemblait exactement à ce que je croyais qu’elle aurait l’air avec ses longs cheveux bruns foncés bouclés à la perfection, son petit nez retroussé, sa grande bouche toute rose et ses yeux couleur noisette. Elle avait l’air de la sœur parfaite. Comme dans les films! À côté d’elle, je me trouvais bien moche avec mon nom laid, mes cheveux bruns caca et mes yeux qui changent toujours de couleurs, mais qui tirent vers le jaune. Ah oui, faut pas oublier mon gros nez et ma toute minuscule bouche. Mais surtout mon nom, t’sais elle, elle s’appelait comme une star de cinéma, Rebeca. Moi avec mon petit nom de pauvre québécoise de l’ancien temps, Solange, je faisais pitié je trouve. C’est quoi l’idée de ma mère de m’avoir appelée Solange d’ailleurs? C’est un vieux nom, trop vieux pour moi. Sol-ange, comme si j’étais un ange destinée à rester clouer au sol. Comme si j’allais jamais pouvoir accomplir ma destinée, moi, parce que j’étais trop nulle ou je sais pas. J’étais vraiment fâchée contre ma mère de m’avoir appeler comme ça, ce jour là, en entendant : «Solange, je te présente Rebeca». Mon nom marchait pas dans la phrase. J’avais l’air pauvre ou pas intelligente et elle, elle avait l’air d’une star. Mais bon elle avait l’air si heureuse avec son grand sourire, que je me suis dit qu’elle ne pouvait être que gentille. J’espérais tant qu’elle accepte d’être l’amie d’une petite fille aussi ordinaire, si moche, avec un prénom aussi plate que moi. Quand mon papa nous a présentées  j’étais toute nerveuse. Tellement que j’en bégayais quand j’ai essayé de lui dire bonjour. Elle, elle avait l’air très à l’aise. Comme si elle faisait toujours ça, rencontrer des nouvelles personnes. Peut-être quelle est habituée. Peut-être que tout le monde l’aime tellement qu’elle trouve ça normal dans le fond parler à des nouvelles personnes. Peut-être qu’elle a pas peur comme moi, elle. Chanceuse! Après, elle est montée ranger ses choses dans notre chambre et je lui ai montré mes jouets. Elle était contente parce que je lui ai dit qu’elle pouvait s’en servir, elle aussi, quand elle voulait. J’avais pleins de Barbies, et elle aimait ça les Barbies elle aussi! 
 Alors j’suis arrivée là-bas, moi, petite fille de quatre ans, avec ma vie dans une petite valise et j’me suis installée dans mon ancienne chambre, mais maintenant y’avait un deuxième lit, pour l’autre fille. Parce que l’autre fille, ben elle allait dormir avec moi, ça à l’air. Mon papa m’avait un peu averti, assez vite. Je crois qu’il avait peur que je fasse une crise ou quelque chose comme ça. Mais j’allais pas faire de crise moi, j’étais rendu une grande fille, à quatre ans. Mais bon, il me connaissait pas beaucoup, beaucoup mon tempérament parce qu’on se voyait juste la fin de semaine et qu’on faisait toujours des choses spéciales pour me montrer que c’était un bon papa et que je ferais mieux d’aller vivre avec lui. Ils font ça aussi les parents, quand on vit pas avec eux. Ils essaient de nous montrer qu’on devrait vivre avec eux, parce que ce serait super amusant toujours, parce qu’ils sont plus gentils que l’autre et parce qu’ils nous gâtent plus. Mais je me laissais pas avoir par ça moi, je les connais leurs trucs. Je l’ai vu dans la télévision un soir, ils en parlaient. Ils disaient que c’était pas bon non plus, parce que ça faisait des enfants trop gâtés. Je m’éloigne du sujet, là, par exemple.
 Donc, j’suis arrivée là bas, comme je disais, avec ma petite valise, j’ai envahi une moitié de chambre, parce que la fille, elle était déjà installée depuis une semaine et elle avait pris toute la place, avec ses millions de jouets, et j’ai essayé de prendre ma place dans cette petite famille de trois personnes qui s’était déjà formée avant mon arrivée. Mon papa il était vraiment content que je vive plus avec ma folle de mère, qu’il disait. Il disait qu’elle allait me rendre aussi folle qu’elle si je restais là. Moi je sais pas. Je crois que je suis assez intelligente pour pas être folle. Mais je croyais pas que ma mère était folle non plus. Elle était juste seule et elle avait pas d’argent. Elle avait juste besoin d’un peu d’aide des fois, je crois. Je sais pas trop non plus, je la connaissais mal ma mère. Comme j’ai déjà dit, elle me parlait pas beaucoup, elle avait trop de travail à faire pour me parler. Je comprenais pas trop comment elle faisait pour travailler tout le temps et pas avoir d’argent. Me semble que quand tu travail, ben c’est parce que tu fais de l’argent non? Si tu travail tout le temps, ben tu devrais avoir plein d’argent? Je devais couter vraiment cher pour qu’elle soit pas capable d’arriver.
 Ma nouvelle belle-mère est arrivée un peu après mon arrivée, parce qu’elle faisait des commissions pour le souper. Moi je crois que c’était pour me laisser le temps d’arriver. Mon papa aussi il croit ça, il me l’a dit qu’il était d’accord avec moi. Quand elle est arrivée il nous a présentées. Ça a fait tout bizarre parce que j’avais jamais vu mon papa avec une blonde. J’aimais pas trop ça et j’aimais ça en même temps. Ça faisait comme dans les films, quand les papas et les mamans sont encore ensemble. Ils se donnaient des bisous d’amoureux. Je trouvais ça beau. Elle était gentille, ma nouvelle belle-mère. Je trouvais qu’elle avait un joli nom aussi, Johanne qu’elle s’appel. Je trouve ça beau Johanne, tu peux pas t’appeler Johanne et être méchante je crois. Mon papa il pense pareil que moi là-dessus, je lui ai demandé ce soir là, avant de me coucher. En plus, Johanne, elle a des jolis cheveux roux, tout bouclés et des yeux verts et une bouche toute rose et un trop joli nez, un peu retroussé. Oh! Et pleins de taches de rousseur aussi. Elle a tout plein, tout plein de taches de rousseurs sur les joues! J’aime ça moi, les taches de rousseurs, je trouve ça très joli. 
Ça a pris quatre ans avant qu’ils s’en rendent compte, mes parents. Quatre ans à toujours vomir et me faire chicaner par ma gardienne parce que je vomissais tout le temps. J’crois que c’est à cause que je rentrais à l’école bientôt qu’ils s’en sont rendu compte. Tsé un enfant qui vomit tout le temps, à l’école ça apprend pas ben, ben pis ça dérange tout le monde. J’imagine qu’ils avaient peur que je dérange trop alors ils voulaient trouver une solution. En même temps, ma gardienne, elle était tannée de moi et de ma mère qui avait de la misère à la payer même si elle travaillait toujours. Elle voulait plus me garder.  J’étais trop de trouble pour le peu d’argent qu’elle se faisait avec moi. En plus j’étais même pas cute, qu’elle disait. Elle me trouvais laide, je crois que c’est parce que j’ai pas de façon pour les gens que j’aime pas, et elle, ben, je l’aimais pas. Ma maman a donc décidée de faire une faveur à mon père. Elle m’a laisser aller vivre chez lui, mais elle payait pas de pension alimentaire, parce qu’elle avait pas assez d’argent, qu’elle disait. Et en plus c’est une femme  et les femmes ben ça paye pas de pension! Elles ont déjà assez fait en mettant l’enfant au monde, ça vaut pour toutes les pensions alimentaires du monde qu’elle disait. Je sais pas trop toute, toute, toute l’histoire, mais ce qui compte, c’est que chez mon papa, ben j’me faisais pas garder par une inconnue et qu’il allait être là souvent. Il avait une nouvelle blonde qui était une gardienne en milieu familial, ça, ça veut dire qu’elle gardait des enfants dans sa maison. Alors elle m’a pris dans sa garderie, parce que de toute façon, j’habitais dans sa garderie en milieu familial maintenant, chez mon papa.
Elle habitait avec lui depuis tout nouveau quand ils ont décidé que je changerais de maison. C’est à cause qu’elle a déménagée là que ma maman elle à fait la faveur à mon papa. Elle s’était trouvé une gardienne gratuite et, en plus, ils se disaient que j’arrêterais de vomir toujours vu que je changerais presque pu jamais de maison. Je l’avais pas encore rencontrée la blonde de mon papa quand j’ai déménagé. Ça me rendait un peu nerveuse. Surtout qu’elle avait une petite fille presque de mon âge. Mon papa m’avait dit qu’elle serait pas là, la petite fille quand j’arriverais, parce qu’elle allait chez son papa à elle, la fin de semaine. Comme moi avant. 
La fin de semaine, mon père venait me chercher. Là, je passais du temps avec lui. On faisait pleins de choses même si lui non plus il avait pas beaucoup d’argent. Il donnait la moitié de sa paye à ma mère pour payer mon lait et mon linge. On appel ça la pension alimentaire. Parait que c’est pour ça qu’il faut pas avoir d’enfant si on pense pas passer notre vie avec la maman quand on est un homme. Après, quand on se sépare, ben la maman elle peut nous demander de l’argent pour faire vivre le bébé et ça coute encore plus cher que si on vivait encore avec elle, des fois. Mon papa il disait ça, en tout cas. Il disait que c’était impossible que je coute aussi cher à faire vivre et que lui, ça lui couterais moins cher que j’habite avec lui et qu’au moins, ben je serais pas toujours toute seule, qu’il serait là, lui. Donc, avec mon papa on faisait quand même tout pleins de chose, parce qu’il savait ce qui coutait pas cher à faire et qui était quand même amusant. On allait voir mes grands-parents, on allait se promener dans le quartier, des fois, on allait au chalet de mes grands-parents. J’aimais ça aller là. C’était paisible et je pouvais jouer dehors toute la journée. J’ai commencé à marcher tôt, alors ça a été pratique. Je me promenais dans le champ et je cueillais des fleurs pour mettre dans le gros vase sur la table.
Quand je retournais chez ma mère, le lundi, j’angoissais. Parce que j’aimais pas vraiment ça, aller chez la gardienne. J’suis un peu solitaire comme fille, j’aime pas ça être entourée de trop de gens, ça m’angoisse. Je sais pas comment agir avec les personnes. C’était comme ça avant aussi, depuis toujours c’est comme ça. Même quand j’étais un petit bébé minuscule parce que je venais juste de naitre, les gens me faisaient peur. J’aime pas ça que les inconnu m’approchent ou me touchent. J’aime pas rencontrer des nouvelles personnes, c’est trop difficile d’avoir l’air gentil quand on a pas envie d’être gentil. Les gens se croient tout permis avec les enfants, il les prennent dans leur bras et leur donne des bisous même s’ils les connaissent pas. C’est très désagréable. En plus, la gardienne, ben, elle était pas super gentille. Elle m’obligeait toujours à aller jouer avec les autres amis, même s’ils riaient toujours de moi. Elle voulait même pas que je joue toujours avec mes photos. Moi j’aimais vraiment ça les photos, j’en avais toujours sur moi parce que ça m’aidait à pas être trop, trop toute seule. Des fois, je leur parlais à mes photos, parce que c’était mes seuls amis, même ma maman elle me parlait jamais alors quand j’avais besoin de me confier, ben je parlais à mes photos. C’est pas qu’elle m’aimait pas ma maman, ben je crois, c’est qu’elle avait beaucoup, beaucoup trop de travail. À cause de moi. Ça coute cher un enfant qu’elle disait. J’étais beaucoup de trouble.
 Alors, j’étais toujours malade. C’est les nerfs, qu’on m’a dit, plus tard. Parce que j’étais pas bien, parait. Parce que j’aimais pas ça me faire garder toujours, parce que j’aimais pas ma gardienne et les amis à la garderie. Aussi parce que ça me rendait trop nerveuse de changer de maison toutes les fins de semaines. J’avais besoin d’être stable.
 Mais j’veux pas avoir l’air de me plaindre là. J’ai eu une bonne enfance quand même, en tout cas moins pire que d’autres, j’imagine. J’ai été chanceuse, ils se sont séparés. D’ailleurs, ça, ça a été l’enfer! Ils me voulaient soudainement tous les deux, ma mère s’est mise à avoir besoin de moi près d’elle pour vivre, elle voulait plus trop que mon père m’approche et les autres non plus d’ailleurs. Plus personne avait le droit de m’approcher. C’était déjà un peu comme ça avant, mais là c’était pire. Même la famille proche avait pas le droit de me prendre dans leurs bras ou de me parler trop proche ou même de me toucher. J’sais pas pourquoi, quand des parents se séparent, ben ils se mettent à aimer leur enfant soudainement. Peut-être que c’est parce qu’ils se sentent seul, ou peut-être aussi que c’est pour écœurer l’autre, mais bon, ils se sont soudainement mis tous les deux à vouloir que je vive avec eux tout le temps. Ça a été la guerre… deux semaines. Le temps que ma mère fasse comprendre à mon père que c’était elle la femme et que si elle décidait de l’emmener en cours pour m’avoir, ben il perdrait. Elle l’a menacé de l’empêcher de me voir pour toujours si ça se rendait là et lui, ben, il l’a cru. Il avait raison de la croire. Elle l’aurait fait. Elle aurait été assez folle pour faire ça, ma mère. C’est ça qu’il dit mon père quand je lui demande pourquoi j’ai pas habité avec lui tout de suite quand il se sont séparé. T’sais ça aurait été tellement moins compliqué. Mais les adultes ça aime pas ça les trucs pas compliqués je pense. Moi, j’ai jamais vu d’adulte qui se compliquait pas la vie en tout cas.
Je sais pas trop pourquoi elle est comme ça, ma maman, mais bon, elle est comme ça et faut faire avec. Alors, j’ai vécu avec ma maman jusqu’à quatre ans. Je vivais pas vraiment avec elle là, je vivais plutôt chez la gardienne le jour, de très tôt le matin à l’heure du souper, et le soir elle venait me chercher, ma mère. Mais, même le soir, j’étais pas avec elle, j’étais plutôt toute seule. Je regardais la télévision, je jouais avec mes photos ou avec mes Barbies dans le salon ou dans ma chambre pendant qu’elle travaillait sur son ordinateur dans la cuisine. J’avais pas le droit de la déranger parce que sinon elle se fâchait. Elle disait qu’elle allait prendre du retard dans son travail et qu’on pourrait plus manger. Elle avait pas un gros salaire parce qu’elle avait pas fini son secondaire, à cause de moi. Elle est quand même tombé enceinte quand elle était en secondaire quatre, alors elle a pas fini son année. Elle n’a pas pu retourner à l’école après, parce que l’école ça coute des sous et qu’il faut pas travailler quand on est à l’école, on peut pas faire les deux en même temps qu’elle dit, et les couches, ben, ça coute cher. Alors elle travaillait beaucoup pour être capable de me faire vivre et elle était jamais là, même quand elle était là. 

19 novembre 2010


 Peut-être que j’ai pleuré un peu aussi parce que mon papa, lui, il était pas là à l’accouchement. J’aurais aimé ça qu’il me voit naitre, je sais pas, qu’il soit là pour m’accueillir, je crois. Mais il travaillait, qu’elle dit ma mère. Moi je crois qu’il voulait juste pas être là, qu’il avait trop peur de pas m’aimer, que je sois laide. Je sais pas trop, il dit que j’ai tort, qu’il a jamais eu peur que je sois laide ou quoi que ce soit. Qu’il savait que je serais la plus merveilleuse petite fille du monde. Je le crois pas, parce que je suis pas la plus merveilleuse petite fille du monde, il ment. Y’en a des bien plus belles que moi, des plus gentilles et des plus intelligentes aussi. Je l’ai vu l’autre jour à la télévision. Y’a des concours de petites filles plus belles et intelligente et talentueuses que toutes les autres de la planète. En tout cas,  il dit que s’il était pas là à l’accouchement, c’est parce qu’il travaillait. Il dit aussi que c’est parce que maman, elle l’a pas appelé. Maman elle dit qu’elle avait trop mal pour l’appeler et que de toute façon il travaillait. Et que s’il l’aimait vraiment, ben il aurait su qu’elle accouchait. Moi je trouve pas ça vraiment logique. Parce que même si on aime vraiment, vraiment, vraiment beaucoup quelqu’un, on peut pas lire dans sa tête. Ça je le sais, ma grand-maman me l’a dit quand j’lui ai dit que maman elle était fâchée parce que papa avait pas lu dans sa tête parce qu’il l’aime pas vraiment. Elle m’a expliqué que ça se pouvait pas, que même si on aime vraiment, vraiment fort quelqu’un, on peut pas lire dans sa tête parce que les humains ils font pas ça. En tout cas pas les humains normaux et mon papa c’est un humain normal, je crois bien. Au moins, maintenant, mon papa il est là, c’est ce qui compte, j’imagine. Elle non plus, ma maman, elle aurait pas été là si elle avait pu. Elle était pas chanceuse, j’étais  en dedans d’elle, alors elle pouvait pas s’en sauver. Elle me le répète toujours, à quel point ça a été dur pour elle, à quel point elle a eu mal quand j’suis sortie, à quel point il faisait chaud, qu’une chance qu’elle avait sa piscine laide en forme de gros poisson (mais elle, elle dit pas laide, c’est moi qui ajoute ça parce que je trouve qu’elle était vraiment laide la piscine et que j’ai un peu honte d’être née là dedans), parce que sinon elle sait pas ce qu’elle aurait fait. Un peu plus pis elle me reproche d’être née! Ben oui hein, c’est quoi cette idée de naitre en juillet? J’aurais pas pu attendre en automne, y’aurait fait moins chaud! Ou arriver plus tôt, tien, en mai fait pas trop chaud et elle aurait pas eu à endurer la chaleur enceinte. J’aurais du savoir, ça m’aurait évité bien des problèmes. Faut dire que j’étais pas vraiment voulu. Ils m’aiment, mes parents, je crois, mais bon, ils me voulaient pas vraiment. Ils étaient jeunes et tout qu’ils disent. C’est vrai seize ans c’est jeune pour avoir des enfants. Ils s’aimaient pas vraiment non plus, c’est souvent ce qui arrive quand on est jeune, on sort avec des personnes qu’on aime pas vraiment, juste pour sortir avec quelqu’un. J’étais un accident, comme on dit. Pas chanceux! Quand on se dit qu’on a, quoi, 30% de chances de tomber enceinte par mois? Ça a l’air que sois ils faisaient ça souvent et qu’ils faisaient pas attention, soit ils ont vraiment pas de veine! Ça se pourrait t’sais, moi j’en ai pas vraiment de chance non-plus. J’ai peut-être hérité ça d’eux!

On n’a qu’une vie, même si elle est pas toujours facile. Je suis née un jour torride d’été, en plein milieu de Juillet, le 16. J’étais là, bien couchée dans mon petit chez moi tout confortable quand il y’a eu une fuite. Un grosse fuite. Ma maison se vidait littéralement de son eau. Ça à l’air que c’était l’heure pour moi de naître. Pour sortir, j’ai du prendre un bizarre de chemin. Un étroit tunnel noir, visqueux, avec de la lumière au bout. Ils disent toujours de pas aller vers la lumière, quand on voit un long tunnel  noir,  pour pas qu’on meurt. Ben j’aurais pas du y aller pour naitre non plus. Tsé la vie c’est un peu comme la mort quand on y pense. Ça commence pareil en tout cas. Un grand tunnel noir avec de la lumière au bout, des gens qui braillent, pleins de sang (okay, pas toujours pleins de sang quand on meurt… Mais tsé, tant qu’a mourir, c’est mieux de laisser des traces, je crois.) et un tas d’emmerdement, ça c’est moi qui vous l’dis!
Donc, pour revenir au sujet, ma merveilleuse entrée dans ce monde, je dois absolument mentionner que ma maman, ben elle m’attendait pas vraiment ce jour là. J’étais prévue pour deux semaines plus tard. J’ai toujours été soit trop en avance, soit en retard, et ce, dans tout ce que je fais. Cette fois là, en plus d’être en avance,  j’suis arrivée si vite que je suis née dans une grosse piscine gonflable ridicule en forme de gros poisson rose, vert, orange et mauve (ouais, comme du vomis! Génial non?) qu’elle avait installée dans la cours de chez ma grand-maman, (chez qui on a habité quelques années, même avec mon papa toute seule, plus tard)  pour se refroidir, à défaut de pouvoir s’en acheter une vrai. «Au moins, j’avais moins mal pendant les contractions et un peu moins chaud, au début», c’est ce qu’elle dit quand j’lui demande ce qu’elle en pense. Parait que l’eau ça aide.  «Je sais pas trop pourquoi, mais c’est comme ça» qu’elle me répond quand je veux qu’elle m’explique. Une chance, elle a eu le temps d’appeler la fille qui lui servait de sage femme avec son super cellulaire super technologique qu’elle gardait toujours à côté d’elle (t’sais, elle était enceinte… Les femmes enceintes doivent toujours avoir un appareil de communication portable dernier cri pour rejoindre les gens si elles accouchent, et ce, même si elles ont pas vraiment d’argent parce qu’elles sont un peu pauvre) et celle-ci a eu le temps d’arriver avant que je sorte. Comme ça j’suis pas morte étouffée avec mon cordon ombilical, parce que ma maman, j’suis sure qu’elle aurait pas vraiment su quoi faire de moi. Je serais peut-être morte née/noyée dans la piscine. Ça aurait été beau comme épitaphe : «Si git Solange, morte et née dans un poisson géant couleur vomi. Elle n’a pas vraiment souffert, puisqu’elle n’a pas eu le temps de voir le dit poisson.»!Alors j’suis née et j’ai survécu à cause de la madame sage et j’ai hurlé d’effroi quand j’ai réalisé dans quoi j’m’embarquais. Aussi parce que la sage m’a donné une claque sur une fesse (ouch!) et que ça m’a surpris de pouvoir respirer (ouch aussi!). L’air dans le nez ça fait pas vraiment du bien la première fois, c’est moi qui vous l’dis

Coucou

Je sais pas trop pourquoi je met ça ici, mais j'le fais. Peut-être parce que j'espère que quelqu'un va lire ça et va aimer, ou que quelqu'un va me dire de pu jamais écrire parce que j'ai pas de talent. Mais bon. Z'êtes libre de juger comme vous voulez et de commenter peut importe ce que vous avez à dire! Ça va être un peu décousu surement parce que je sais plus trop ou j'suis rendu,  mais j'vais essayer de faire les arrangements de façon à ce que ça finisse par se suivre.