27 novembre 2010

Après les vacances, c’était un peu moins drôle. En premier parce que j’ai  recommencé à être malade un peu la fin de semaine avant que mon papa il recommence à travailler. J’étais malade parce que la garderie et tous les amis allaient arriver en même temps que mon papa allait partir. J’avais tellement l’impression d’être pas à la bonne place. Que mon papa il s’était trompé et qu’il fallait pas que je sois là. Parce que moi, j’ai toujours l’impression d’être au mauvais endroit, au mauvais moment. C’est comme ça. J’me sens souvent coupable d’exister parce que des fois j’dois tellement être un gros fardeau. Pas juste des fois en fait. Souvent. Mais ça j’en parle pas, parce que j’ai trop peur de déranger avec mes histoires de gamine. Ça va passer, j’imagine. C’est sur. Peut-être.
???????

Ça a jamais passé. Jamais ça passera non plus. J’suis comme ça, j’imagine. Jamais à ma place nulle part. Toujours là, à me sentir de trop, à avoir l’impression d’être un fardeau pour tout le monde. Mon papa il dit que non. Que je suis pas un fardeau. Il s’est même fâché très fort quand je lui en ai parlé. Il a crié comme j’avais jamais entendu quelqu’un crier avant. J’ai eu peur. Vraiment peur. Mais t’sais, il a peur mon père. C’est pas pour mal faire qu’il cri. C’est parce que c’est un papa québécois et les papas québécois, ben ils crient. C’est parce qu’ils sont pas capable de dire qu’ils ont peur ou qu’ils ont de la peine. Ils sont juste capable de dire qu’ils sont fâchés. C’est comme ça, parait. Et pendant qu’il criait, moi j’avais juste envie de me boucher les oreilles et de crier moi aussi, comme une folle, hurler ma rage et ma peine et mon sentiment de pas être à ma place, de trop, tout le temps de trop.

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