27 novembre 2010

Au début, c’était pas si pire, parce que mon père à décider de faire le transfert de maison pendant ses vacances, alors il était toujours là, avec moi. Il m’a expliqué pourquoi Rebeca dormait dans ma chambre,  qu’il y avait pas beaucoup de place dans la maison pour avoir plus de chambre, mais qu’un jour il en achèterait une plus grande maison, dès qu’il aurait des sous, et que j’aurais ma chambre juste pour moi. Une très, très grande chambre rose où je pourrais mettre des photos partout, partout sur les murs. Il m’a aussi dit qu’il fallait que je partage mes choses maintenant et que j’essaie d’être gentille avec les autres, même si c’est pas facile, parce que j’habitais dans une garderie en milieux familial, maintenant et qu’il y aurait pleins d’amis tous les jours chez nous. Si j’allais pas bien, j’allais pouvoir aller dans ma chambre, mais il fallait que je fasse des efforts, parce que à la fin de l’été, quand j’irais à l’école, je serais obligée de rester avec les amis même si j’aimais pas ça.
 Moi je comprenais tout ça et j’étais heureuse parce que je ne serais plus toujours seule dans mon coin. J’avais une nouvelle amie pour jouer les soirs, pendant la semaine. Rebeca a un an de plus que moi mais, comme elle est née en Décembre, on était au même niveau scolaire. J’étais soulagée de ne pas avoir à faire ma rentrée scolaire toute seule. J’allais avoir quelqu’un que je connaissais pour me protéger contre les enfants méchants et pour jouer avec moi. Mon père était content que je sois si mature pour mon âge, il arrêtait pas de le répéter. Moi j’étais juste contente de savoir que j’aurais plus à revoir ma méchante gardienne que j’aimais pas et à jouer toute seule dans mon coin pendant que maman travaillait, à la maison. Il disait aussi qu’on allait bien s’entendre, Rebeca et moi, vu qu’on avait à peu près le même âge.
La fin de semaine à passé vite, comme toutes les autres avant. C’était pas tellement différent à part qu’il y avait un autre lit dans ma chambre et des nouveaux jouets auxquels je pouvais pas toucher avant que Rebeca arrive, parce que c’était les siens. J’étais quand même beaucoup nerveuse parce que je savais que le dimanche après-midi je ne repartirais pas chez ma mère. Ça me stressait pas mal. J’avais pas l’habitude et moi, les choses dont j’ai pas l’habitude, ben ça me stresse vraiment beaucoup trop. Comme j’avais pas encore rencontrée ma colocataire de chambre, j’avais un stress de plus. J’avais tellement peur qu’elle ne m’aime pas, qu’elle me trouve laide, pas fine, pas aimable, qu’elle ne veuille pas jouer avec moi ou que je sois pas capable d’être gentille avec elle-même si j’essayais fort, fort, fort. J’avais peur qu’elle demande à mon père de me renvoyer chez moi et qu’il le fasse. Même si c’était chez lui, chez moi maintenant. Je m’en fais toujours avec ce genre de chose. En fait je m’en fais toujours trop avec tout, c’est dans ma nature, j’suis comme ça. J’ai tellement peur de déplaire aux gens.
Le dimanche après-midi est arrivé avec Rebeca et j’étais pas vraiment bien. J’avais été malade toute la journée, nervosité oblige. Mais quand même, malade ou pas, quand elle est arrivée je l’ai trouvée tellement trop parfaite. Elle ressemblait exactement à ce que je croyais qu’elle aurait l’air avec ses longs cheveux bruns foncés bouclés à la perfection, son petit nez retroussé, sa grande bouche toute rose et ses yeux couleur noisette. Elle avait l’air de la sœur parfaite. Comme dans les films! À côté d’elle, je me trouvais bien moche avec mon nom laid, mes cheveux bruns caca et mes yeux qui changent toujours de couleurs, mais qui tirent vers le jaune. Ah oui, faut pas oublier mon gros nez et ma toute minuscule bouche. Mais surtout mon nom, t’sais elle, elle s’appelait comme une star de cinéma, Rebeca. Moi avec mon petit nom de pauvre québécoise de l’ancien temps, Solange, je faisais pitié je trouve. C’est quoi l’idée de ma mère de m’avoir appelée Solange d’ailleurs? C’est un vieux nom, trop vieux pour moi. Sol-ange, comme si j’étais un ange destinée à rester clouer au sol. Comme si j’allais jamais pouvoir accomplir ma destinée, moi, parce que j’étais trop nulle ou je sais pas. J’étais vraiment fâchée contre ma mère de m’avoir appeler comme ça, ce jour là, en entendant : «Solange, je te présente Rebeca». Mon nom marchait pas dans la phrase. J’avais l’air pauvre ou pas intelligente et elle, elle avait l’air d’une star. Mais bon elle avait l’air si heureuse avec son grand sourire, que je me suis dit qu’elle ne pouvait être que gentille. J’espérais tant qu’elle accepte d’être l’amie d’une petite fille aussi ordinaire, si moche, avec un prénom aussi plate que moi. Quand mon papa nous a présentées  j’étais toute nerveuse. Tellement que j’en bégayais quand j’ai essayé de lui dire bonjour. Elle, elle avait l’air très à l’aise. Comme si elle faisait toujours ça, rencontrer des nouvelles personnes. Peut-être quelle est habituée. Peut-être que tout le monde l’aime tellement qu’elle trouve ça normal dans le fond parler à des nouvelles personnes. Peut-être qu’elle a pas peur comme moi, elle. Chanceuse! Après, elle est montée ranger ses choses dans notre chambre et je lui ai montré mes jouets. Elle était contente parce que je lui ai dit qu’elle pouvait s’en servir, elle aussi, quand elle voulait. J’avais pleins de Barbies, et elle aimait ça les Barbies elle aussi! 

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